Soomaa Rahvuspark

Dans Parc national 4 commentaires

On débarque en Estonie, à Pärnu. Ville comme on les aime, touristique à souhait. C’est une grande station balnéaire très prisée l’été. Autant vous dire que l’on ne souhaite pas y rester bien longtemps. Nous sommes tout de même contraints d’y passer une nuit, le Parc National Soomaa étant plutôt peu fréquemment desservi. Auberge de jeunesse. L’occasion de vous signaler que c’est la crise sur Couchsurfing, saison estivale oblige. Personne à Riga, Jūrmala ou Pärnu. Soit les couchsurfers sont déjà pris d’assaut par d’autres voyageurs, soit eux-mêmes sont hors de leurs bases.

Soomaa signifie littéralement « Terre des Marécages ». Créé en 1993, le parc couvre en effet une surface de 370 km² comprenant quatre grands marais principaux. La zone protegée est sujette à de fortes inondations à la jonction hiver/printemps ce qui lui permet notamment de faire partie de la convention de Ramsar (conservation et utilisation durable des zones humides). Autre caractéristique du parc : il est labellisé PAN Park (Protected Area Network). C’est un réseau européen d’aires protégées alliant protection de la nature et tourisme durable. Nous y reviendrons.

Nous prenons le bus pour Kõpu, village à proximité des frontières du parc. Le but est d’atteindre le centre d’informations situé près du hameau de Tõramaa en plein coeur de la zone protégée. Un site de campement y est annoncé. On y parvient en toute fin de journée, alternant marche à pied, stop et bus gratuit. En ce début de soirée, le centre est évidemment fermé, mais le lieu aménagé pour poser la tente est très sympa : arrivée d’eau, abri, tables, bancs, toilettes sèches, équipement et bûches pour faire du feu, le tout fabriqué en bois et situé dans une prairie à l’orée d’une forêt. Gratuit. Petite pensée sans aucune amertume au camping letton Nemo et son DJ en papier mâché, capable d’anéantir les vacances d’une trentaine de familles avec deux enceintes et trois spots. Du vent et quelques vaches, nous voilà mieux installés.  Une boucle de randonnée, non aménagée complètement, nous occupera notre soirée. En longeant la rivière Tõramaa, on aperçoit quelques traces témoignant de l’activité des castors. Les lumières nous proposent de jolis contrastes, le soleil estonien prenant son temps pour se cacher derrière l’horizon.

Notre première mission est de ravitailler l’équipe en nourriture. Jõesuu , à 14 kms, possède une épicerie au panel alimentaire proche du néant, mais qui fera l’affaire. Tant qu’il y a du pain de mie. On pense passer une grosse partie de la journée à faire l’aller-retour, les bus étant inexistants. Mais Naciako va faire preuve d’une réussite auto-stop proche du scandale : 4 voitures sur 5 s’arrêtent pour avaler les 28 kms. En statistique équivalente, il aurait été plus probable qu’Adrien Le Dréau, alias le « Zino », remporte un duel aérien. On profite donc de ce bonus de temps pour effectuer une première randonnée à la tourbière Riisa. Le paysage proposé est du même acabit qu’au Kemeru National Park en Lettonie. Sur le retour, on enchaîne un autre sentier qui borde la rivière Tõramaa sur 2,8 kms. Les jeunes Mésanges boréales et Tarins des aulnes s’émancipent. En fin de journée, nous prenons la direction d’un observatoire offrant une vue élargie sur une vaste prairie inondable traversée par la rivière Halliste. Nous guettons la faune éventuelle mais c’est plutôt creux en cette mi-juillet à l’exception d’un Busard des roseaux en maraude.

La journée suivante doit nous permettre de découvrir l’ensemble du secteur proche de notre campement à travers 3 petites randonnées. La première nous envoie longer la rivière Raudna. On y découvre alors de manière assez impressionnante l’activité du castor : arbres abattus et nombreux barrages. La pluie nous pousse à utiliser l’un des nombreux campements amenagés dans le parc. De nombreux emplacements équipés accompagnent les sentiers. C’est l’un des gros plus de ce Parc National, probablement lié à son appartenance au PAN. Le tourisme n’y est pas massif et l’impression de respecter le calme et la tranquillité des lieux est renforcée par la présence de ces petits points de repos totalement intégrés à l’environnement. On poursuit notre chemin sur ce qui doit être le sentier numéro 9. Un début de passage semble exister mais mène tout droit à rien, ou pas grand chose. Cela provoque le réveil de quelques chevreuils qui profitaient des hautes herbes pour procrastiner à l’abri des regards. On rebrousse chemin et on tente une autre voie diagonale coupant la forêt. Traversée de la jungle, le sentier n’est pas du tout entretenu et nous sommes probablement les seules personnes à l’emprunter depuis un certain temps. Pour ce travail de reconnaissance, une petite contrepartie financière serait appréciée par l’équipe. On en profite pour tenter d’accrocher quelques tiques, sans réussite. Après quelques hésitations, on débouche enfin sur une zone exploitée par l’Homme. Le chemin retrouvé nous envoie sur un tour pédagogique d’une nouvelle tourbière, celle de Kuresoo. Nous croisons un couple qui sort d’une petite baignade dans l’un des nombreux trous d’eau présents. Retour au campement et découverte de nouveaux voisins. Deux couples suisses. Un squat de feu plus tard, on engloutit probablement notre meilleur repas braisé : steak d’une viande inconnue sur son canapé de fromage. Le tout sur une bonne grosse tranche de pain de mie qui se croit être aux céréales.

Campement Tõramaa

Dernières lumières

Plaquebière

Riisa

Riisa

Soomaa NP recèle de campements

Prairie inondable

Ennemi nº2

Travail dentaire

Castors

Elle va être pour nous celle-là

En sortie de jungle

Kuresoo

Kuresoo

Kuresoo

Kuresoo

Kuresoo

Viande indéterminée

 

 

4 commentaires

  1. Catherine |

    Carte reçue le bon mois. Merci beaucoup. Que d’expériences et de rencontres enrichissantes . Les articles sont super intéressants et plein d’humour ! Bravo.

    Bisous. Catherine

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  2. jojo |

    merci seb pour la carte, sympa
    les photos sont toujours superbes et nous sommes heureux de vous voir en bonne forme, mais c’ est avec grand plaisir que nous vous reverrons .

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