Parque Nacional de Monfragüe

Dans Parc national 6 commentaires

 Jeudi

Après une nuit à Plasencia, nous rejoignons notre étape suivante en Extrémadure. Nous débarquons dans une gare sortie de nulle part en rase campagne. Le chemin qui nous sépare du camping, à deux kilomètres, est bordé d’un côté par la voie ferrée et de l’autre s’étend une vaste plaine plantée d’arbres épars, La Dehesa. C’est un paysage inédit pour nous. Nous  lui trouvons des allures d’immenses vergers de Chênes verts et lièges ou de savane où les ruisseaux courent partout. Des oiseaux migrateurs sont déjà revenus d’Afrique comme les Hirondelles de fenêtre et rustique. La Huppe fasciée et la Cigogne blanche sont peut-être restées ici cet hiver enfin le Bruant proyer est présent en grand nombre (environ 15 chanteurs sur les 2 kms) tout comme la Pie bleue au camping.

Vendredi

Nous avons donc 3 jours pleins pour profiter du Parc et de ses alentours. Le plus simple et le moins coûteux (quoique) est de louer des vélos au camping pour rejoindre le Parc, et le hameau de Villareal de San Carlos où se trouve l’office du tourisme et le départ de quelques randos décrites. Sur place, quelques bénévoles préparent le festival international de tourisme ornithologique qui a lieu du 1 au 3 mars cette année. En ce jour de pluie, nous partons pour la rando la plus courte parmi celles choisies. Nous suivons le sentier qui traverse des sous-bois de Bruyères arborescentes où poussent Narcissus bulbocodium. Nous enjambons quelques ruisseaux, grimpons un peu pour arriver au Cerro Gimio, l’un des nombreux « miradores » du Parc pour une pause déjeuner bien humide. Les miradores sont des points de vue propices à l’observation des rapaces qui font la richesse et la réputation de Monfragüe. Nous y observerons notre premier Vautour moine (en danger à l’échelle mondiale, 1500 couples en Espagne). Nous redescendons ensuite tranquillement jusqu’à un petit vallon bien agréable toujours escortés par les Vautours.

Samedi

Température proche de 0°C, vent glacial et grand soleil au réveil. Pour cette deuxième balade, nous surplombons le Tiétar et ses nombreux méandres. C’est un des grands affluents du Tage. Il offre par endroits des paysages de gorges avec les falaises qui plongent dans l’eau, et à d’autres, les pelouses arrivent en pentes douces. De très nombreux ruisseaux viennent l’alimenter. Le chemin nous mène à la Tajadilla. C’est une falaise qui borde le Tiétar et sur laquelle nichent, d’après le panneau d’information, les Vautours fauve, moine et percnoptère. Nous y mangeons au milieu des Pies bleues. Avant de faire demi-tour, nous poussons un peu et traversons la rivière. Cinq Cerfs le font aussi mais à la nage, étonnant! Nous rejoignons aussitôt la Malavuelta, un autre mirador. Bien nous en a pris puisque nous tombons sur de nombreux Vautours fauves accompagnés de quelques Vautours moines, d’un Percnoptère et d’un ou peut-être deux Aigles de Bonelli tous bien coopératifs en prenant les courants d’air ascendants. Sur le retour, nous aurons la chance de tomber sur 5 autres Cerfs se laissant observer à découvert, à 15 mètres, tout en continuant de manger le feuillage des Cistes. Nous les laissons tranquilles au bout d’un quart d’heure. Cette rando a le désavantage de passer à de nombreuses reprises à proximité de la route et le chemin du retour est en grande partie le même que celui de l’aller. Sympa tout de même.

Dimanche

Nouvelle belle journée pour faire la plus grande de nos randos dans le Parc. Nous longeons le Tage sur plusieurs kms pour arriver au fameux Salto del Gitano. C’est une falaise au bord du Tage sur laquelle niche plusieurs espèces rupestres. Le panneau annonce Vautour fauves, percnoptères, Hibou grand-duc, Faucon pèlerin et Cigogne noire. Nous ne verrons qu’une Cigogne noire quitter le site au passage d’un hélicoptère et de nombreux Vautours fauves. Malgré le peu de variété observée ici, la proximité et le va-et-vient des oiseaux sont  impressionnants. Nous poursuivons ensuite vers el Castillo de Monfragüe, chateau du XIIème siècle. Là haut, le panorama est superbe. D’un côté les monts et la vallée du Tage et de l’autre la Dehesa à perte de vue. Le bonus sera l’observation d’un couple d’Aigles ibériques semblant cantonné sur la crête à l’est du chateau. Nous redescendons ensuite à travers le sous-bois pour rejoindre le Tage. Nous profitons de nos derniers moments pour jeter un  oeil dans les mares et y observer de nombreux Tritons de Bosca.

Si ce n’est sans doute pas la meilleure époque de l’année pour visiter le Parc National de Monfragüe, nous restons impressionnés par ces paysages uniques et par la densité et la diversité des oiseaux observés.

La Dehesa

Rainette méridionale

 

Le Tiétar

 

Sentier menant à la Tajadilla

 

Entrée, plat, des cerfs

Le Tiétar, quelques heures plus tard

 

Triton de Bosca

Triton de Bosca

 

Salto del Gitano

Le Tage, vu du château

La Dehesa à perte de vue

 

Miko, ou comment dormir sur des glaces pour se réchauffer

 

 

 

 

 

 

 

 

 

6 commentaires

  1. FREULON |

    Que de lecture pour nous ce soir ! Votre récit nous fait vraiment voyager et nous aimerions bien y être aussi pour vivre et voir tout ce que vous découvrez ! TRÈS TRÈS INTÉRESSANT ! Bravo, pour le « Entrée, plat, des cerfs » (j’aime) ! Ton frère aurait plutôt choisi CURLY (et non pas MIKO), il paraît que c’est plus isolant !

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  2. ro |

    Yeeeeeahhh les manosss !! C’est un plaisir de vous lire et de suivre votre aventure ! Continuez comme ça et faites un max de photos ! Ont veux voir du pays bon dieu !

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  3. mimi |

    Un chateau du 22ème siècle ??? Un chateau du futur ?? Vous en voyez des choses extraordinaire !!!
    Plus sérieusement, les paysages ont l’air grandioses et voir des cerfs… quel chance !!

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  4. davoust o alias raymond |

    yo les gars bravo pour les photos elles sont fort belles on continu de vous suivre
    ps message personnel de léandre ramener le maillot de k benzema ( pas celui de zahia) a + ciao

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  5. Nina |

    C’est vraiment un coin très chouette, je retiens ! Vous me faites voyager, continuez comme ça ! On pense fort à vous à Ballée, profitez-bien. Bécos

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