Opusztaszer et Kiskunsági Nemzeti Park

Dans Couchsurfing, Parc national 3 commentaires

Nous arrivons dans l’autre plat pays, ses zones humides, sa Puszta et son frein à main facultatif. Nous devions initialement faire étape à Szeged, au sud de la Hongrie, avant de rejoindre le  Kiskunsági Nemzeti Park. Mais Tibor, contacté via couchsurfing nous propose de nous recevoir à Opusztaszer à 30 kms de la grande ville. Il y possède une maison secondaire. Celle-ci est un modèle d’écoconstruction (mur en torchis, couverture en chaumes de roseaux, four hongrois, toilettes sèches…). Le prof de Science-nat est un amoureux de la nature. La maison est au milieu d’une zone naturelle exceptionnelle, protégée pour ses paysages.

C’est une vaste étendue composée de prairies alcalines, de marécages et d’étangs. Ces derniers sont des paradis pour Guifettes leucoptères et moustacs. Le Butor joue les ténors dans ce concert et les moustiques sont les hooligans du spectacle. Nous profitons de la permission qu’a Tibor pour se balader dans des zones normalement réservées aux pros du Kinkunsági Nemzeti Park qui y assurent la gestion. Les connaissances géologiques et botaniques de Tibor enrichissent la balade. Le plus grand des étangs offre un bon contingent d’espèces diverses d’oiseaux. Quelques Grues à la bourre, des Oies, des  Canards et un Pygargue qui campe en patron des lieux. Les prairies sont chassées sans relâche par les nombreux Faucons kobez et l’obs d’une Pie-grièche à poitrine rose clôt le festival ornitho. C’est du moins ce qu’espère une moitié de Naciako, pas au bout de ses peines.

Grand merci  à Tibor pour son accueil chaleureux, sa super visite guidée, sa confiance, sa cuisine excellente… A propos de cette dernière, nous lançons un fervent appel  à légaliser la graine de Pavot en France. Quand elle est cuisinée, elle permet de confectionner de merveilleux petits gâteaux fourrés. Point d’effet psychotrope, juste un grand plaisir culinaire.

Ilona, contactée via couchsurfing nous passe l’adresse mail de Gyula Kósa. Nous le rencontrons rapidement. Il se décrit comme activiste. En effet, il est un bénévole naturaliste hyperactif. Grand prince, il nous concocte un petit programme dont il a le secret, sur 4 jours, afin de découvrir le Parc National.

Première étape: le Lac Kolon. C’est l’une des 10 zones délimitées du Parc. Il s’étend sur 3600 ha dont la grande majorité est couverte de roseaux. Nous logeons gracieusement au camp de base des bagueurs et des stagiaires. Pour commencer, nous faisons un petit tour du secteur et notamment dans les magnifiques dunes couvertes par l’endémique graminée: Stipa borysthenica (en hongrois: cheveux d’orphelins). C’est aussi l’occasion de contrôler le contenu de quelques nichoirs. Quelques-uns parmi les 500 construits, posés et suivis par Gyula dans la région. Il nous présente également quelques actions entreprises, comme la suppression des forêts de Robiniers, le traitement de l’Asclépiade de Syrie (espèces exotiques et invasives). Le soir, nous profitons d’une petite balade en bateau avec quelques bénévoles, pros et stagiaires. C’est le grand spectacle. Depuis deux ans quelques espaces sont en eaux libres, ce qui permet d’attirer un nombre plus important d’espèce d’oiseaux comme les canards (Fuligule nyroca, Sarcelle d’été…) et limicoles (Chevalier gambette, Barge à queue noire, Echasse blanche…). Réveil à 4h00, le lendemain pour une session de baguage des oiseaux des roselières sous la direction d’Akosh. Nous formons deux équipes pour nous occuper du plus long filet du monde:1600 mètres. D’après le chef, ce n’est pas une bonne journée en terme de quantité et de diversité. Donc en plus des 3 Rousserolles, Phragmites des joncs, Panures  à moustaches et Blongios qui sont le pain quotidien des bagueurs du Lac Kolon, deux espèces font l’objet d’études particulières ici: la Lusciniole à moustache et la Locustelle luscinoïde. Dimanche, nous suivons Gyula pour contrôler quelques nichoirs près d’Izsák. Le contrôle de l’un d’entre eux lui arrache un « this is good ». C’est ce que nous entendrons de plus expansif de sa part durant ces 4 jours. La boîte accueille 5 œufs de Rollier. Un œuf de ses oiseaux magnifiques et peu communs vaut 500000 florins sur le marché noir. Le nichoir contient donc 8300 euros d’oiseaux potentiels. Notre guide prendra soin de ne pas divulguer l’info à n’importe qui.

A 3 kms de Kiskőrös se trouve la forêt de Szücsi. C’est « la » forêt de Gyula, qu’il arpente depuis son plus jeune âge. Il la qualifie de forêt mosaïque. En effet, les boisements de Frênes sont entrecoupés de prairies pleines de fleurs et de zones marécageuses. C’est inédit pour nous. Un programme de baguage est mis en place chaque hiver autour d’une mangeoire XXL. Bien sûr, Gyula y a également installé un bon lot de nichoirs.

Lundi, direction Kunpeszer, plus au nord pour se rendre au Centre de recherche sur la sous-espèce locale de Vipère d’Orsini (Vipera ursinii rakosiensis). Gyula a pris rendez-vous avec Tamás Sechi, manager du centre. Il nous explique les tenants et les aboutissants du programme LIFE+ (lien) concernant la bête. Cette petite Vipère qui affectionne les prairies est très rare et vulnérable. La population totale est estimée à 500 individus répartis en 20 populations très isolées. Leur habitat étant morcelé par les forêts, routes, habitations. Le centre abrite un élevage et environ 60 individus sont relachés tous les ans depuis quelques années.

Un immense merci à Mr Gyula Kósa pour sa disponibilité (le mot est faible), le partage de ses connaissances, son accueil (merci Marika). Après L’Homme qui plantait des arbres de Giono, il faudra écrire L’Homme qui posait des nichoirs. Il nous a permis de visiter le Parc mille fois mieux que nous n’aurions pu le faire par nous même. Merci également aux professionnels et stagiaires du Lac Kolon et Tamás Sechi le protecteur des Vipères hongroises.

Guifettes

Tibor

Prairie alcaline et sableuse

Pusztaszer

Bientôt en France

Nako envoie la paille

Panokolon

Asclépiade de Syrie

Helvella? Morchella? …

Plantation d’espèces locales

L’artiste et son œuvre

Gobemouche gris

Suivi des nichoirs

Zsombor et Gyula

Vue sur les dunes

Cheveux d’orphelins

Panure à moustache et à queue coupée

Blongios nain femelle

 

A perte de vue

Szücsi

Szücsi

Vipera ursinii rakosiensis

Tamás Sechi

Viperum Centrum

3 commentaires

  1. mimi |

    les cheveux d’orphelin, on appelle ça des cheveux d’anges en aveyron… c’est joli quand il y a un peu de vent…

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  2. La Sarthe |

    Les paysages changent …. Le soleil semble vous accompagner maintenant… Tant mieux !! Chouette accueil que vous avez eu (avec des pros !). Le panure à moustaches et à queue coupée me plaît beaucoup.

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  3. joseph |

    Je trouve que vous rencontrez beaucoup de vipères. Belle rencontre avec les pro et les passionnés. bonne route.

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