Festival Bliuzo Naktys et Parc national de l’isthme de Courlande

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On quitte Stary Folwark par bus pour rejoindre Szypliszki, à 10 kms de la Lituanie. On s’essaie à une première session de stop pour passer la frontière, sans réelle idée précise de quelle ville nous souhaitons atteindre. Idéalement Vilnius, ou bien Kaunas bien placée et plutôt relativement centrale dans le pays. Ce n’est pas une grosse réussite et l’endroit ne se prête pas forcément à l’arrêt des voitures. C’est donc parti pour une avancée à pied, en bordure de nationale, évidemment très securisée. La frontière est transparente de contrôle. On y croise d’autres voyageurs, tantôt à pied, tantôt en vélos. Côté lituanien, le chemin continue sur une autoroute et la première ville est au moins à une vingtaine de kilomètres. L’idée de se faire arracher une jambe par une Lada est alléchante, mais on projette plutot de retenter notre chance à la loterie du « hitchhiking » : c’est le gros lot pour nous.

L’Audi de Karol s’arrête à notre hauteur. Il est polonais et se propose de nous déposer sur son trajet. On lui indique Kaunas, ce n’est pas sa route et nous propose Marijampolė. On prend. On y trouvera certainement des bus pour d’autres destinations. Mais parfois le destin se joue sur un coup de volant. En discutant, Karol rate la sortie pour la ville ciblée. On apprend alors qu’il est manager d’un groupe de musique, Hard Times, et qu’il se dirige vers un festival de Blues, à Varniai. C’est dans le Nord-Ouest de la Lituanie, soit assez éloigné de notre destination initiale. Va pour un festival, pendant que certains sont au Foin de la Rue, nous serons au Bliuzo Naktys.

A notre arrivée sur le site, c’est la queue. Karol se présente comme manager du groupe et nous grillons la politesse aux autres festivaliers. Le gain de temps n’est pas inutile, son groupe Hard Times est déjà en train de performer sur la scène… lui qui souhaite en enregistrer le concert. Le festival ressemble à toute autre évènement du même type en France : un camping en effervescence, des files d’attente aux toilettes chimiques, des déguisements improbables, des alcooliques au pronostic vital engagé, des morts et bien sûr, du son. Du blues, à base d’harmonica, de clavier et de guitares. Le site est plutôt bien placé puisqu’en bordure du lac Lūkstas. Le camping, lui, est planqué dans un petit bois. Tout du moins une partie. Nous aurons la chance d’en être, le soleil étant brûlant. A la tombée de la nuit, on trouve place à côté de la caravane d’Arnas et Patricia, véritable carrefour des rencontres noctambules. Ce sont de grands habitués, ils reviennent au Bliuzo Naktys tous les ans. La Quechua se faufile entre deux autres toiles. Hard Times a rejoint les lieux et rejoue quelques morceaux. Łukasz a l’harmonica, Piotr et Marcin aux guitares acoustiques. On rencontre également Denis et Lina, de Vilnius. On vous laisse imaginer la belle ambiance.

Le lendemain, Karol souhaite profiter de son passage lituanien pour visiter l’isthme de Courlande, cordon littoral sablonneux qui sépare la rive orientale de la mer Baltique. L’ensemble de la lagune et de l’isthme est Parc National depuis 1991 et inscrit par la suite au patrimoine de l’UNESCO en 2000. L’idée est de prendre le ferry à Klaipėda puis de rejoindre la ville de Nida, sur les conseils de Patricia. L’aller-retour dans l’après-midi est jouable mais le timing va être serré. Pas de regret car les paysages sont vraiment magnifiques, d’autant que nous atteignons les dunes dans les plus belles lumières, soit au couché du soleil. Nous grimpons au pas de course la dune de Parnidžis, l’une des plus hautes d’Europe. La vue est superbe. Un petit tour par la côte opposée pour apercevoir la mer Baltique. Pas si froide. Retour dans les flammes de Bliuzo Naktys pour y voir performer notamment Alvon Johnson Blues Band qui reprend des classiques de jazz, blues et rock.

Karol reprend la direction de Varsovie le dimanche. Il nous propose de nous déposer à Šiauliai, ville pas si éloignée du Žemaitijos Nacionalinis Parkas, notre prochaine cible. On abandonne effectivement l’idée du Trakai Nacionalinis Parkas, qui semble très touristique et présente moins d’intérêt sur l’aspect « nature ». Karol souhaite en profiter également pour visiter la « Colline des Croix », lieu de pèlerinage et symbole important pour la Lituanie. Au fil du temps, et chaque fois que la Lituanie a disparu de la carte (envahie en 1795 par la Russie et plus récemment avalée par l’URSS en 1944), le peuple a toujours consideré ce lieu comme le rappel de la véritable identité du pays. Les premières croix ont été posées sur la colline fortifiée au XIVe siècle. Depuis, de nombreux crucifix, croix, sculptures de patriotes lituaniens, statues de la Vierge Marie, effigies en étain et autres rosaires y ont été apportés par les pèlerins catholiques. Karol nous redépose en centre-ville. Il lui reste 7 heures de route. Une paille après deux journées de festival.

Un grand merci à Karol. On a réellement eu beaucoup de chance de tomber sur lui. On espère le revoir vite, et même peut-être très vite puisqu’il est envisagé de le recroiser lors de notre retour en Pologne, après la visite des pays Baltes.

Lagune de Courlande

Lagune de Courlande

Lagune de Courlande, toujours

Sur la dune de Parnidis

Sur la dune de Parnidis

La mer Baltique

La Colline aux Croix

La fine équipe du festoche

Karol

 

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