A Varsovie, chez Karol et Tatiana

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Initialement, nous devions quitter l’Estonie et rejoindre le nord de la Pologne, en passant par l’enclave russe de Kaliningrad. Mais la traversée de cette dernière nécessite l’obtention d’un visa. Le ferry étant hors de prix, on choisit un chemin plus long, mais que l’on avale d’une seule traite : un bon gros Riga-Varsovie, en bus, à un prix plus qu’abordable. Onze heures de trajet plus tard, les premiers buildings de la capitale polonaise sont en vue. On va y retrouver Karol, notre auto-stoppeur festivalier (cf. Festival Bliuzo Naktys et Parc national de l’isthme de Courlande).

A notre arrivée, nous faisons la connaissance de Tatiana, la compagne de Karol. Elle est russe, originaire de Novosibirsk. On est accueilli comme des papes, cerises et vin rouge sur table. Karol souhaite prendre un ou deux jours de congés pour nous accompagner et nous faire découvrir la région. On lui parle de Poznań, notre probable prochaine étape et il se propose de nous y conduire. Il est en train de devenir le troisième homme de Naciako.

Le premier jour, Karol nous présente son papa, Wojciech. Excellent anglais, plein d’énergie et doté d’un sens de l’humour qui tourne parfois au chambrage. On aime. Tout le monde monte en voiture pour un tour au Kampinoski Park Narodowy, à une dizaine de kilomètres de la capitale. Une véritable zone naturelle en bordure d’une ville dépassant largement le million d’habitants : très appréciable. Nous décidons de le parcourir plus en profondeur le lendemain. En attendant, Karol nous fait découvrir Varsovie en début de soirée, au crépuscule. En ces lumières, le charme de la ville est total. 80% des batiments de la ville ont été rasés durant la Seconde Guerre mondiale. Aussi, tout a été reconstruit en respectant le style d’époque. Ça devait recruter sévère dans la maçonnerie et la toiture. Karol est passionné d’Histoire et nous apprend une tonne de choses au passage devant les différents monuments et autres statues jalonnant le parcours. Ce n’est pas un mal pour notre culture historique approximative. Nous faisons même quelques découvertes sur le passé de la France. Ok, un peu honteux, mais les cours d’Histoire-Géo placés le lundi matin représentent un danger p0ur la connaissance.

Le lendemain, des nouvelles de Gosia, notre hôte sur Włodawa. Elle nous apprend qu’elle est présente sur les radars varsoviers pour cause d’entretien d’embauche. On mange donc ensemble au Babooshka, restaurant russe conseillé par Tatiana. Gosia accepte de nous rejoindre pour un petit tour au Kampinoski Park Narodowy. Il est déjà assez tard, et notre utilisation scandaleuse des transports en commun polonais ne va pas nous aider à rejoindre le parc de très bonne heure. Le tour sera donc assez court, mais nous sommes ravis d’avoir revu notre amie polonaise et d’apprécier avec elle la beauté paysagère proposée par la forêt traversée.

Karol nous propose donc de nous déposer à Poznań. Il nous a concocté un « road-trip » sur deux jours, avec une étape nocturne à Sulejów. A chaque arrêt, on a le droit à des explications fournies. On est chanceux. La première étape est Drzewica, petite ville de 4000 habitants, en Voïvodie de Łódź. Les ruines d’un ancien château y trouvent place, mi-gothique, mi-renaissance. On file ensuite à Radzice Małe, petit village où Karol y possède une seconde maison. En travaux pour le moment, elle doit accueillir un étage rénové et habitable d’ici peu. Le terrain entourant la maison est spacieux et sauvage, avec accès à la rivière et présence d’un petit marais. La forêt est toute proche et Karol, en amateur de champignons, espère y dégoter quelques pieds et chapeaux. Chou blanc.

Nous continuons notre chemin jusqu’à la Basilique Saint Philippe Neri. Datant du  XVIIIe siècle, elle abrite notamment un fameux tableau de la Sainte Famille, caché lorsque les Suédois ont débarqué. C’est pas que l’on soit vraiment branché monuments religieux, mais avec les explications et anecdotes de Karol, ça passe bien. On remonte dans l’Audi. Sur la route, arrêt au mémorial de Henryk Dobrzański que vous connaissez probablement tous.  C’est une figure en Pologne. Parallèlement à son statut de colonel de cavalerie,  c’est lui qui a créé le premier groupe de résistance polonais durant la WW II. Pour rester dans le thème de la guerre, Karol fait halte au bunker de Konewka. Particulier, il fait 300 mètres de long. De quoi planquer un train.

La journée est encore loin d’être finie. L’allure est soutenue, mais si l’on veut voir le maximum de choses, pas le temps de Naciaker (néologisme, synonyme de paresser mais en plus lent). Le musée de la rivière Pilica est situé à Tomaszów Mazowiecki et regroupe tout un tas d’objets trouvés dans le cours d’eau ou sur ses berges. Y sont présentées de nombreuses armes évidemment, accompagnées d’un inventaire fourni en ustensiles, costumes, photos et autres maquettes. Quelques tanks échoués sont aussi de la partie. En face du musée, la Rezerwat przyrody Niebieskie Źródła, autrement dit la réserve naturelle des sources bleues. C’est une rivière dont la clarté de l’eau est assez impressionnante. Un paradis pour les canards, un enfer pour les bouts de pain. En parlant de nourriture, excellente pause dinatoire à Kozenin avant de rejoindre notre étape finale du jour : Sulejów. C’est ici que l’on passera la nuit, dans la maison de la tante de Karol. Une abbaye cistercienne, celle de Saint Thomas Becket, trône dans le village. Superbe, elle est cependant devenue, en partie, un hôtel. A notre arrivée à la maison, la nuit commence à pointer le bout de sa lune. On fait un tour au Sulejowski Park Krajobrazowy (parc régional), juste en bordure du quartier, à travers une forêt aboutissant sur un lac. On capte les dernières lumières de la journée, c’est canon. On se donne le droit de mériter quelques shots de Vodka autour d’un bon petit feu.

L’objectif de cette nouvelle journée est de rejoindre Poznań, tout en découvrant de nouvelles curiosités, bien que le timing soit serré. Karol doit en effet être de retour à Varsovie sur les coups de 20h. Un arrêt à Licheń, pour découvrir la Bazylika Matki Bożej Bolesnej Królowej Polski w Licheniu Starym. Après avoir essuyé votre écran, on vous la refait en français : la basilique de Notre-Dame de Licheń. Là, on est clairement impressionné par le gigantisme de l’édifice. Karol la voit également pour la première fois. Construction terminée en 2004, c’est donc un tout nouveau bâtiment, grandement financé par les dons des fidèles, qui est dorénavant la coqueluche des pèlerins du coin et d’ailleurs. A 50 kms de Poznań, passage obligatoire à Gniezno. C’est la première capitale historique de Pologne. Elle abrite la cathédrale de Saint Wojciech. Ce sera notre dernière étape, puisque Karol doit s’empresser de retourner sur Varsovie. Nous ne sommes qu’à une trentaine de minutes de train de Poznań.

Un immense merci à toi Karol pour le temps passé pour et avec nous, tes explications passionnées et les vrais bons moments vécus ensemble. Merci aussi à Tatiana. On espère vous revoir. Une belle rencontre. Tout ça grâce à un pouce levé, quelque part entre la Pologne et la Lituanie.

Karol et Wojciech

Varsovie by night

Kampinoski Park Narodowy

Basilique Saint Philippe Neri

Abbaye cistercienne de Saint Thomas Becket

Sulejowski Park Krajobrazowy

Sulejowski Park Krajobrazowy

Basilique de Notre-Dame de Licheń

Gniezno

2 commentaires

  1. mimi |

    hey !! une abbaye cistercienne et sir thomas Becket ?!! on se croirait à Brusque et à ses alentours !!! quelle coincidence !!
    bises à vous deux !

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  2. jojo |

    que l on soit croyant ou pas les édifices religieux sont toujours de toute beauté
    dans n importe quel région du monde;merci pour vos belles photos!

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